METAPHORA par BRUNO HADJIH

PHOTOGRAPHIES de BRUNO HADJIH

PROLONGATION DE L'EXPOSITION JUSQU'AU 20 JANVIER!

14 JANVIER :  NOCTURNE!

VERNISSAGE MAINTENU, CE SOIR, samedi 14 novembre!  Nos portes et nos coeurs sont ouverts pour partager un moment avec vous!

METAPHORA BD (4)

METAPHORA METAPHORA 01 ©Photos:  all rights reserved  to Bruno Hadjih , courtesy gallery mamia bretesche

EXPOSITION  du 14 novembre au 18 décembre 2015 | VERNISSAGE le samedi 14 nov à 18h

EXHIBITION  14th november until 18th december 2015 | Opening reception 14nov at 6pm

BRUNO HADJIH est né en Kabylie en Algérie. Il vit et travaille entre Paris, le Gers et le Sahara.

Après des études de sociologie, il s'oriente vers la photographie documentaire, plasticienne. Ses travaux portent particulièrement sur la redéfinition des espaces décrits comme intangible, espace mental, espace géographique. Sa photographie n'est pas une photographie de sublimation, elle est endogène. Réflexion ou regard neuf porté sur le monde méditerranéen, son histoire, sa culture et ses relations avec le reste du monde, le travail de Bruno Hadjih n’est pas une interrogation mais une prise de position, un engagement.

Depuis 5 années, Bruno Hadjih travaille sur les espaces sahariens. Dans son traitement du sujet, il met en exergue le moment où les éléments naturels et les aventures humaines se concilient, l’instant où intervient l’ingéniosité de laquelle dépend la survie. Il porte un regard contemporain sur des espaces géographiques que l’on présente souvent comme archaïques (TERRA INCOGNITA) "Je choisis la photographie pour faire parler un désert vivant. Plus que tout autre médium, c’est elle qui a fait du désert un mausolée, un mythe vidé de toute substance. » Ce travail est exposé en 2011 lors de la Biennale de Bamako et tout récemment dans le cadre du Mois de la photographie de Denver (MOP DENVER 2015) au Center Of  Visual Art OF  DENVER,COLORADO.

EXPOSITIONS (sélection) Les photographies de Bruno Hadjih ont fait l’objet de plusieurs expositions en Europe, en Amérique et en Afrique.

2008, "Regards des photographes arabes contemporains", Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger (Mama),  May 18 - September 23, 2007, "Lens on Life : From Bamako to San Francisco", San Francisco / Museum of the African Diaspora (MoAD) 
  15 December 2006 - 11 March 2007, "Another World" – Bamako 2005, De Elektriciteitscentrale (La Centrale Electrique), European Center for Contemporary Art, Sint Katelijneplein 
  Octobre 2006 – janvier 2007, Bamako’05, Barcelona / Centre de Cultura Contemporània
 Juin- Aôut 2007, "Rites and Rituals" (Group exhibition), Herzliya Museum of Contemporary Art  Septembre - novembre 2006, "Un autre monde", une sélection des 6è Rencontres africaines de la photographie de Bamako, Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand
  20 Avril- 25 de juin 2006, “19 Miradas. Fotografía Árabe Contemporánea”, Sevilla / Centro Andaluz de Arte Contemporáneo (CAAC)
  22 novembre 2005 - 22 janvier 2006, "Regards des photographes arabes contemporains", Paris / Institut du Monde Arabe
  10 novembre - 10 décembre 2005, "Un autre Monde", 6è Rencontres Africaines de la Photographie de Bamako / Maison Africaine de la Photographie, Complexe de la Bibliothèque Nationale Hamdallaye, ACI
  5 juin - 11 juillet 2003, "Regards sur l’Algérie", Centre Méditerranéen de la Photographie, Centre Culturel Una Volta, Bastia 


Bruno Hadjih est également reporter photographe et collabore régulièrement avec la presse nationale et internationale, GEO, le monde 2, NATIONAL GEOGRAPHIC, SUNDAY TIMES etc

METAPHORA

 « Pas plus qu’un poème ne s’adresse au lecteur, aucun tableau ne s’adresse au spectateur, et aucune symphonie ne s’adresse à l’auditoire ». Comme le dit Walter Benjamin, une œuvre ne tient aucun discours, sinon celui qu’elle tient aux autres œuvres, et qui ne se déploie pas dans le domaine du langage.  Celui de l’engagement.’’

D’un astre l’autre   

 - Des astres

Pas une photographie, mais deux. Dans chaque série, elles sont associées l'une avec l'autre. Deux photographies se répondent. Si chaque photographie prise pour elle-même aimante le regard par la sensibilité qui la singularise, leur mise en relation sidère la pensée.

Tout se passe comme si les deux photographies constituaient ensemble des pôles attractifs desquels émergerait un champ magnétique. Des ondes circulent alors d'un axe à l'autre, qui font glisser une puissance géologique dans un visage et, dans une puissance épidermique, un paysage.

Aimantation : le regard est magnétisé par la lumière de ces formes de vie, organiques et inorganiques, minérales et animales, humaines et matérielles, qui semblent transpercer la nuit profonde d'où elles émergent. Sidération : la pensée est alors appelée à considérer des secousses sismiques qui, sans cette polarisation des images, seraient imperceptibles.

Bruno Hadjih est un magnétiseur qui fait œuvre de sismologue. Non seulement il est attentif à restituer la lumière astrale qui habite les êtres et les choses. Mais son attention est également soutenue par le souci de rendre manifeste le fond obscur – comme une troisième image, subliminale et nucléique – d'où ces formes émergent, pour peut-être y retourner.

- Désastres

C'est alors que, telles des plaques tectoniques séparées par une ligne de faille, les photographies s'appréhendent sous une lumière inédite. En s'éloignant l'une de l'autre, elles creusent des gouffres sismiques tandis que, en se rapprochant, elles entrent en collision et provoquent un cataclysme.

Il faut voir la puissance astrale qui électrise la profondeur des images et restitue au regard comme à la pensée la nuit immémoriale d'un désastre fondateur ou d'une puissance originelle. Mais il faudrait aussi considérer la nuit appartenant à un désastre en cours en face duquel la tâche urgente d'une nouvelle cosmologie serait à l'ordre du jour.

Un désert croît, brûlant : moins celui du désert que celui de la désertification. Le photographe en fixe au présent les cristaux d'intensité photographiques, un œil tourné vers l'écho venu du plus lointain passé, un autre en direction des ondes arrivant d'un possible avenir.

D'un astre l'autre

L'extrême acuité du regard photographique confirme la persistance magnétique de la lumière fossile depuis sa séparation d'avec l'étoile originelle. Mais l'extrême sens visionnaire et sismologique du photographe perçoit aussi le nucléus de la catastrophe qui risque de venir, au terme de laquelle les formes de vie d'aujourd'hui pourraient être aspirées par la désertification. Il donne enfin et surtout à voir les lignes de fuite à suivre pour ne pas précipiter le séisme.

À équidistance d'un désastre natif et d'une possible catastrophe terminale, Bruno Hadjih n'a pas d'autre visée alors, s'il veut transfigurer la nuit profonde de notre présent aveugle, que celle de la lucidité consistant, comme le souligne Walter Benjamin, à « organiser le pessimisme ».

TERRA INCOGNITA 
 Denver : Center for VIsual ART DENVER COLORADO, USA

Photos:  all rights reserved , Bruno Hadjih , courtesy gallery mamia bretesche
 © TERRA INCOGNITA (3) all rights reserved,Bruno Hadjih,courtesy gallery mamia bretesche

TERRA INCOGNITA (4)Terra incognita: Copyrights Bruno Hadjih 2015 , 80 x 80 cm, ed 3/5